Les Jeudis de l’Innovation IRIIG (JeDII) : Collaborations Start Up & Grands Groupes : mythes et réalités de l’open innovation et de l’hybridation

Forte de sa pédagogie innovante, IRIIG se donne pour devoir d’inspirer au quotidien ses étudiants. Cela passe par l’organisation de ses Jeudis de l’Innovation IRIIG (JeDII) deux fois par mois au H7 (et en visioconférence), plus grand lieu d’accélération de start-up à Lyon et lieu totem de la French Tech. Ces événements sont publics et ouverts à l’écosystème de l’innovation et de l’entrepreneuriat de la Région. Nos invités phares sont des conférenciers et professionnels de talent qui ont une vision inspirante et/ou originale.

Voici un retour sur le JeDII du jeudi 17 décembre 2020 avec nos conférenciers invités Mathieu Le Gac (CEO) et Florian Hervéou (Directeur des programmes d’accélération) chez Startup Palace.

Aujourd’hui en temps de crise, il est plus que primordial pour les entreprises d’innover mais alors sous quelle forme ? On parle d’Open Innovation, d’hybridation, de R&D externalisée… Mais que se cache-t-il réellement derrière ces concepts : CVC, startup studios ou encore accélérateurs… ?

Experts de la collaboration entre start-ups et grands groupes les dirigeants de Startup Palace nous ont présenté lors de cette visioconférence leur vision de l’innovation d’avenir. Leur devise : « Collaborer avec des start-ups n’est pas une simple lubie, c’est tout un art ».

Pour commencer quelques éléments de vocabulaire sur l’écosystème entrepreneurial…

Start-up : une start-up est une entreprise en devenir à la recherche d’un modèle économique industrialisable, rentable et générateur de croissance. C’est une organisation sociale en faillite permanente qui ne tient que par la bonne volonté de ses fondateurs. D’après la French Tech il y a 10 000 start-ups en France (surestimé selon Startup Palace). Dans tous les cas, les start-ups sont rares, méthodiques et lentes.

Scale-up : précédemment une start-up qui a trouvé son business model (un modèle économique industrialisable).

Licorne : c’est une start-up valorisée à 1 milliards de dollars, jusqu’à son entrée en bourse (IPO en anglais) ou son rachat, où alors, elle n’est plus considérée comme une licorne.

Ils comparent les start-ups à des trèfles à 4 feuilles : rares sont celles qui réussissent à muter en devenant des « licornes » … On en compte à peine 10 en France ! La French Tech aimerait en comptabiliser 25 en 2025. On peut alors s’interroger sur le pourquoi, et la réponse apparaît rapidement comme étant la mentalité Européenne basée sur le capital risque à l’inverse de l’Américaine qui est le capitalisme de l’aventure.

Un des plus grands facteurs d’accélération de start-ups est le financement par ou la collaboration, avec les grands groupes. Comment ces derniers sont menés ? Startup Palace, nous en présente les principaux modèles :

Open innovation : c’est le partage de projets d’innovation avec un tiers externe à sa propre organisation. Cela peut être réalisé entre des laboratoires, des étudiants, des clients, des concurrents, des anciens salariés, des grands groupes et des start-ups. Selon Startup Palace, c’est la création et le partage de valeurs : au sens d’usage, au sein de chaque business model, au sens d’un état d’esprit et d’un langage commun, au sens purement économique.

R&D externalisée : c’est la gestion par des prestataires extérieurs spécialisés de l’activité de recherche d’une entreprise ; des travaux où le fournisseur entreprend le co-développement d’un produit ou d’un service.

Co-création (ou hybridation) : cela consiste pour une entreprise, à développer des produits ou services en collaboration active avec ses clients (ou fournisseurs, parties prenantes) et ce, de façon durable.

Grâce à plus de 30 programmes d’accompagnement, ils ont réussi le pari de mettre en relation deux entités radicalement opposées ; d’un côté des corporates voulant innover et de l’autre des start-up avec une envie d’accélérer. Startup Palace crée des accélérateurs de startups sur-mesure pour le compte de grandes entreprises et rend les deux parties complémentaires.

Mais concrètement quels sont ces formats permettant l’innovation au sein des grands groupes et l’accélération des projets innovants ?

Un format de plus en plus connu du grand public : l’incubateur ; il s’agit d’un programme de collaboration pour des start-ups qui démarrent, « les jeunes pousses ».

Pour les start-ups plus avancées (scale-ups), nous retrouvons des accélérateurs, ces derniers peuvent être soutenus par une seule entreprise grand groupe ou en collaboration avec plusieurs. Ces programmes permettent de multiplier le nombre de projets stratégiques, dans un environnement favorable à leur développement, réduire le temps de mise en oeuvre des projets ainsi que les coûts de R&D, améliorer votre visibilité auprès du monde des start-ups.

Un autre modèle est celui du Corporate Start-up Studio ou Corporate Venture Builing. Il s’agit d’une structure d’accompagnement de start-ups en interne (intrapreneur, ou appel à projet) qui a pour but de s’impliquer opérationnellement et financement dans les projets portés ou incubés. Pour cela, le Startup Studio se dote d’équipes pluridisciplinaires, détecte les bonnes idées, les exécute, assure le recrutement et l’amorçage de la startup, et peut même prendre part à son capital. Le Corporate Venture building vise à accélérer la croissance des startups en combinant le mieux possible, plusieurs outils. Premièrement, la startup s’aligne pleinement à la stratégie de moyen — long terme du grand groupe. Ensuite, ce processus favorise une intégration complète de la startup avec la grande entreprise une fois qu’elle grandit. Enfin, cela promeut une image innovante qui permet au projet d’attirer les meilleurs talents avec un esprit entrepreneurial. Contrairement aux fusions-acquisitions, le coût est plus avantageux car tout est construit à partir d’une feuille blanche et la vitesse de commercialisation (go to market) peut être très rapide en fonction de l’agilité avec laquelle l’entreprise prend ses décisions. Il faut également garder à l’esprit que 61,7% des licornes ont été financées, à un moment donné, par des grandes entreprises ce qui prouve que canaliser les ressources à travers ce modèle pourrait produire « the next big thing ».

Le CVC (Corporate Venture Capital) est un fond d’investissement de grands groupes dont les fonds sont entièrement gérés par le Corporate avec une équipe dédiée et un fonctionnement très similaire à celui d’un fonds de Venture Capital. Leur stratégie d’investissement dans des start-ups, peut être basée le développement de leur cœur de métier ou encore dans une logique de diversification.

Les fusion-acquisitions (M&A en anglais) constituent certainement le moyen le plus rapide d’investir et obtenir des parts de marché dans un projet stratégique et d’entrer le plus rapidement sur un nouveau marché. Cependant, l’investissement est très élevé et l’intégration est généralement difficile. En effet, les grandes entreprises et les start-ups ont une culture, des processus internes et des formes d’organisation très différents, rendant l’intégration dense et lente.

 

Voici quelques exemples de modèle de collaboration start-ups grands groupes :

  French Assurtech = Accélérateur + Venture Client

 Apicil = Incubateur

  Malakoff Humanis = Accélérateur + Venture Client + Venture Capital

Les conférenciers ont fini leur présentation sur quelques conseils et erreurs à ne pas commettre :

  • Penser que la collaboration entre start-ups et grands groupes n’est qu’une action de communication.
  • Croire que cela va être simple et rapide.
  • Accepter que certaines collaborations puissent mal se finir.

Merci aux participants pour ce beau moment de partage !🚀 #WeAreIRIIG #LearningBySharing

Retrouvez notre JeDII sur le Design Thinking en vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=lFBrEG3BlsM&t=1s

Prochains Jeudis de l’innovation IRIIG sur notre site : https://www.iriig.com/evenements/

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