C’est quoi l’intrapreneuriat ?

« Corporate Entrepreneurship » ou « intrapreneuriat » ou « entrepreneuriat interne » ou encore « extrapreneuriat », difficile de parler management ou innovation sans aborder le sujet.

Qu’en est-il exactement ? Effet de mode ou tendance de fond ?

De plus en plus d’entreprises et d’administrations sont désormais convaincues que leurs collaborateurs peuvent être une source d’innovation et misent sur le développement de l’intrapreneuriat.

Le concept est né, comme tant d’autres, aux Etats Unis, à la fin des années 1970, et a été popularisé dès 1985 par un article de TIMES. Ensuite, Steve Jobs dès 1986, et les inventeurs de la Playstation de SONY en 1994, sont parmi les 1ers à revendiquer la mise en œuvre d’un management intrapreneurial.

Il désigne tout à la fois

  • Le processus par lequel, un ou plusieurs salariés, en association avec leur entreprise créent une nouvelle organisation ou structure juridique. Cela peut se faire notamment par la mise en place d’un incubateur, internalisé ou non, dédié. Lorsque le collaborateur quitte l’entreprise on parle alors spécifiquement d’excubation. Il est notable de constater en parallèle le développement d’un « corporate venturing », c’est-à-dire de fonds d’investissement dédiés au financement des entrepreneurs ainsi accompagnés.
  • L’ensemble des démarches et méthodes  permettant d’introduire un type de management plus entrepreneurial basée notamment sur les trois valeurs suivantes :
    • Autonomie
    • Responsabilisation
    • Culture du risque et de l’innovation

Cela peut se traduire alors par la mise en avant, parfois en vitrine (!) d’entrepreneurs internes et externes mais également, et c’est plus original, par du détachement de collaborateurs. Ces détachements peuvent notamment se faire sous la forme de mécénat de compétences au profit de startup et d’entrepreneurs. C’est le cas en Région Auvergne Rhône Alpes avec le collectif d’entreprises Alliance et Territoires et son programme PME Boost Innov qui met à disposition des cadres dirigeants en poste…

L’intrapreneuriat peut également être un facteur de coopération inter-entreprises, permettant de faire émerger des projets de co-innovation. C’est alors une forme d’Open Innovation.

C’est une forme moins courante, mais nous devrions voir se développer des incubateurs internes mutualisés.

L’autre alternative, plus facile à mettre en œuvre et certainement très efficace, est d’installer pour une entreprise son incubateur au sein d’un espace dédié de type STATION F à Paris ou H7 à Lyon.

Le Corporate Entrepreneurship est enfin un vecteur d’attractivité, un élément de la marque employeur, notamment pour des jeunes qui, sensibles à l’esprit entrepreneurial, peuvent voir dans l’intrapreneuriat une autre façon de créer et développer un projet au sein d’une organisation existante. Il conjugue en effet envie de créer, d’agir et de contribuer avec sécurité et moyens.

Parmi les réussites il est courant de citer les « 2 Vaches « (Danone) ou encore les espaces de co-working Nextdoor (Bouygues).

Globalement, l’engouement est tel que de nombreux cabinets de conseil se sont créés sur le sujet et que les plus gros, qu’il n’est pas besoin de citer, ont tous à minima communiqué sur le sujet ou développer une offre spécifique.

On en retrouvera quelques-unes parmi nos partenaires : WAOUP, Exoflow,  StartUp Palace…

Ainsi, malgré un effet de mode certain, on ne peut que constater l’intérêt de l’intrapreneuriat qui :

  • Est un élément d’attractivité et de fidélisation pour les jeunes, et moins jeunes, talents,
  • Au travers des politiques d’incubation, d’excubation et de « corporate venturing », contribue à la création de richesses et d’emploi,
  • Constitue une logique complémentaire d’open-innovation (lab d’innovation, hackaton,…)

Nous retiendrons également quelques risques et limites que tout le monde peut appréhender sans que nous ayons à donner des exemples précis :

  • Un certain mimétisme des grands groupes et/ou une logique de danseuse ou de vitrine,
  • Un besoin d’innover trop affiché et transformé en impératif,
  • Des résistances internes et un cloisonnement fort,
  • Des intrapreneurs au final délaissés et/ou démotivés…

Pour conclure on peut légitimement imaginer que les ambiguïtés et difficultés associées à l’intrapreneuriat sont liées au fait qu’il préfigure les pratiques de travail à venir et la nécessité de développer les compétences suivantes : Autonomie, Responsabilisation, Culture du risque et de l’innovation.

Sources :

https://hbr.org/2020/03/why-you-should-become-an-intrapreneur

https://intrapreneuriat.org

https://www.creerentreprise.fr/intrapreneuriat-definition-exemples/

https://www.challenges.fr/start-up/qu-est-ce-que-l-intrapreneuriat_28858?refresh=1609951014796

https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/la-fievre-de-lintrapreneuriat-gagne-la-france-1026178

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