Retour sur notre conférence JeDII animée par Laurent Geray, CEO de Greenpact

Retour sur notre conférence JeDII animée par Laurent Geray, CEO de Greenpact

Jeudi 15 janvier 2026, IRIIG a accueilli une nouvelle conférence du cycle JEDII, format emblématique de l’école dédié à l’exploration des grands enjeux contemporains de l’innovation et de l’entrepreneuriat. Cette édition était consacrée à une thématique au cœur des transformations actuelles : « Entreprendre la transition écologique et énergétique : innover quand tout est sous la contrainte ». 

Animée par Laurent Geray, CEO de Greenpact, entrepreneur, investisseur éco-conscient et vigneron bio, la conférence a proposé une réflexion structurée sur la manière d’entreprendre dans un monde marqué par la raréfaction des ressources, l’instabilité énergétique, les tensions géopolitiques et l’accélération des dérèglements climatiques. 

Loin d’un discours technologique optimiste ou d’une vision idéalisée de l’innovation, cette rencontre a invité les participants à repenser les fondements mêmes de la performance, du progrès et de la croissance en les replaçant dans un cadre systémique où les contraintes deviennent des données centrales de la conception entrepreneuriale.  

 

Parcours et légitimité de l’intervenant 

Laurent Geray a ouvert la conférence par la présentation d’un parcours non linéaire qui éclaire directement la cohérence de son propos. 

Après un début de carrière au sein des forces spéciales de l’armée française, il s’oriente vers les réseaux télécoms et travaille dans soixante-cinq pays sur des problématiques d’infrastructures et de déploiement de systèmes critiques. Il rejoint ensuite Renault Trucks, où il dirige l’innovation sur les produits du groupe. 

En 2015, animé par l’envie d’entreprendre, il fonde une première entreprise spécialisée en intelligence artificielle et data science qu’il développe de zéro à 250 collaborateurs en quatre ans. Après l’avoir cédée par décision d’épanouissement personnel il dirige différentes structures d’accompagnement et des startup studios avec un fil directeur constant : concevoir des solutions technologiques capables de renforcer la robustesse et la résilience des systèmes économiques. 

Parallèlement, il reprend en 2022 un domaine viticole et s’engage comme vigneron bio. Confronté directement aux effets du dérèglement climatique il nourrit aujourd’hui une réflexion qui articule innovation technologique, limites physiques et responsabilité entrepreneuriale. Cette double posture, entrepreneur de la tech et acteur du vivant, fonde la légitimité de sa vision et de son engagement.  

 

Constat de départ : entreprendre dans un monde sous contraintes 

Le point de départ de la conférence repose sur un constat clair : le cadre économique mondial a profondément changé. 

L’énergie devient plus chère et plus instable, les matières premières sont sous tension, les chaînes d’approvisionnement se fragilisent et les dépendances géopolitiques rendent les systèmes productifs vulnérables. Là où dominait un modèle de croissance relativement prévisible s’impose désormais un environnement marqué par l’incertitude, la discontinuité et la multiplication des aléas. 

Cette transformation remet en cause de nombreux principes historiquement enseignés. L’innovation ne peut plus être pensée uniquement comme un moteur d’accélération ou d’optimisation mais comme un levier de viabilité dans un monde structurellement contraint.  

 

Déconstruction des grands mythes de l’innovation 

Laurent Geray a ensuite proposé une déconstruction progressive de plusieurs mythes fondateurs de l’innovation contemporaine. 

Technologie ≠ progrès automatique. 
L’augmentation de la sophistication technologique génère souvent de nouvelles dépendances et de nouvelles vulnérabilités. Les pénuries de semi-conducteurs post-Covid ont illustré combien des chaînes hyper-technologiques peuvent devenir des points de fragilité majeurs. 

Disruption ≠ solution universelle. 
La rupture est fréquemment présentée comme une finalité. Or, dans un monde instable, ce sont moins les innovations spectaculaires que la solidité des systèmes qui conditionnent la durabilité des organisations. 

Performance ≠ solidité. 
L’optimisation maximale d’un processus ou d’une organisation peut fragiliser l’ensemble si elle supprime toute marge de manœuvre. Une structure extrêmement performante mais sans redondance devient incapable d’absorber l’imprévu. 

Optimisation ≠ durabilité. 
Le modèle du « just in time », longtemps considéré comme un idéal, s’est révélé performant tant que le monde restait prévisible. Dans un environnement instable il devient un facteur de risque. La performance mesure ce qui fonctionne quand tout va bien, elle ne dit rien de ce qui tient quand tout va mal.  

 

Robustesse, résilience et pensée systémique 

Au cœur de la conférence se trouve la distinction entre performance, robustesse et résilience. 

Les systèmes ultra-optimisés tendent à éliminer les marges, les redondances et les capacités d’adaptation. Ils deviennent dépendants de multiples maillons critiques : énergie, logistique, données, fournisseurs, compétences. Plus ces dépendances sont « optimisées », plus le risque global augmente. 

Trois mécanismes majeurs de fragilisation ont été mis en lumière : 

  • La dépendance accrue qui rend un système vulnérable à la défaillance d’un seul élément 

  • La rigidité d’adaptation propre aux organisations très efficaces dans un contexte donné mais incapables d’évoluer lorsque celui-ci change 

  • Le risque systémique qui apparaît lorsque l’optimisation locale crée des déséquilibres globaux susceptibles de se propager comme l’a montré la crise financière des Subprimes en 2008. 

Dans ce cadre, la robustesse correspond à la capacité à encaisser des chocs tandis que la résilience désigne l’aptitude à se transformer pour continuer d’exister.  

 

Vers une nouvelle approche de l’innovation 

Face à ces constats, la conférence a présenté une nouvelle manière d’innover. 

La sobriété y est présentée non comme une posture morale mais comme une discipline de conception. « Faire avec moins » ne signifie pas renoncer, mais concevoir mieux : intégrer dès l’origine les contraintes de matière, d’énergie et d’impact dans les choix d’ingénierie. 

Dans cette perspective, jeter devient un luxe que les systèmes économiques ne peuvent plus se permettre. Produire du neuf engendre des coûts cachés et renforce la dépendance aux ressources vierges. L’innovation sous contrainte conduit au contraire à réévaluer les matériaux, à réduire l’énergie grise et à privilégier l’adaptation de l’existant. 

Les infrastructures étant déjà présentes, il s’agit de ne plus détruire l’existant mais e d’améliorer intelligemment, en rendant visibles les compromis, en mesurant les arbitrages et en assumant les choix.  

 

Illustrations concrètes et cas cités 

Plusieurs exemples sont venus ancrer ces principes dans le réel. 

Un premier cas a porté sur Bluefins et sa technologie inspirée du mouvement de la queue des baleines exploitant l’énergie de la houle pour assister la propulsion de navires. Cette approche biomimétique permettrait de réduire significativement la consommation énergétique de porte-conteneurs, illustrant comment l’observation du vivant peut nourrir des solutions sobres et efficaces. 

Laurent Geray a également évoqué les projets Netcarbon et Reflect Energy. Le premier vise à mesurer la capacité de captation carbone d’un territoire afin d’éclairer les décisions d’aménagement et de suivre l’impact réel des projets. Le second permet de modéliser les consommations énergétiques et de simuler des trajectoires d’usage pour rendre les choix plus lisibles. 

Enfin, dans le domaine viticole, Laurent Geray a présenté le développement d’un biogel capable de protéger les vignes du gel tardif et de restituer l’eau dans le sol en période de chaleur, montrant comment l’innovation se façonne directement au contact des contraintes climatiques.  

 

Le rôle de l’entrepreneur aujourd’hui 

Loin de la figure de l’entrepreneur uniquement orienté vers l’accélération, Laurent Geray a esquissé celle d’un architecte de viabilité. 

Son rôle consiste à concevoir des systèmes capables de durer, d’intégrer les flux de matière et d’énergie, de penser les interdépendances et d’anticiper les points de rupture. Cette posture implique de développer des compétences de pensée systémique, de lecture des vulnérabilités et d’ingénierie des compromis. 

Dans un contexte européen marqué par des enjeux de souveraineté industrielle et de résilience économique, Laurent Geray présente l'innovation sous contrainte comme un levier stratégique majeur.  

 

Temps d’échange et prolongements 

Les échanges avec la salle ont permis d’approfondir plusieurs points : le paradoxe entre ralentir et innover dans un monde qui s’accélère, la dépendance croissante aux outils numériques et à l’intelligence artificielle ou encore les formes que peut prendre l’innovation dans des secteurs traditionnels comme la viticulture. 

Ces discussions ont mis en évidence une préoccupation partagée : comment continuer à créer de la valeur sans renforcer les fragilités existantes et comment former des entrepreneurs capables d’évoluer dans un environnement structurellement instable.  

 

Cette conférence JEDII a proposé bien plus qu’un témoignage : elle a offert un cadre de lecture stratégique pour penser l’innovation dans une ère de fortes contraintes. 

En rappelant que l’innovation du XXIe siècle ne sera sans doute pas la plus rapide mais celle qui accepte les contraintes et conçoit des systèmes capables d’y survivre Laurent Geray a invité étudiants et porteurs de projets à reconsidérer leurs critères de succès. 

Par son exigence intellectuelle et son ancrage dans des expériences concrètes cette rencontre permet d’ouvrir un nouveau sujet de réflexion où l’entrepreneuriat devient un levier de transformation lucide, responsable et systémique.  

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